Sophie rentra à la maison, laissa tomber son sac à dos par terre et annonça joyeusement : — Maman ! Papa ! Aujourd’hui, je me suis fait une nouvelle amie à l’école ! Ses parents, ravis de voir son enthousiasme, lui demandèrent : — Comment s’appelle-t-elle ?
— Elle s’appelle Grace, dit Sophie fièrement en fouillant dans son dossier. Et regardez, nous avons dessiné ça ensemble ! Elle tendit un dessin aux crayons représentant deux filles souriantes sous un arbre. L’une était clairement Sophie, et l’autre avait de longues tresses sombres et une robe rouge.

Ses parents regardèrent le dessin… et se figèrent. La couleur disparut de leurs visages. Sa mère poussa un cri étouffé et s’agrippa au bras de son mari. Celui-ci, les mains tremblantes, sortit son téléphone et composa le 911.
— Monsieur, quelle est l’urgence ? demanda l’opératrice. — Ma fille… murmura-t-il, la voix tremblante, elle vient de nous montrer le dessin d’une petite fille qui… qui est portée disparue depuis des semaines.
Quelques minutes plus tard, une voiture de police s’arrêta devant la maison. Les agents posèrent des questions avec douceur à Sophie, et elle expliqua avec joie où elle avait joué avec Grace : près des balançoires, sous le vieux chêne.
Le lendemain, en suivant les indications de Sophie, les agents fouillèrent attentivement. Et là, ils la trouvèrent : Grace, vivante mais effrayée, cachée tout près de la cour de l’école, là où personne n’avait pensé chercher.
Quand ses parents accoururent vers elle, les larmes coulant sur leurs visages, la maman de Sophie serra sa fille très fort dans ses bras.
— Tu n’as pas seulement trouvé une amie, lui souffla-t-elle. Tu as sauvé une vie.
À partir de ce jour, Sophie et Grace furent liées non seulement par les crayons et les rires, mais aussi par l’histoire incroyable de la bonté et de l’amitié qui avaient permis à une petite fille perdue de rentrer chez elle.